Comment faire l’entretien de sa carène ?



La glisse parfaite…

Par MBSailing



Introduction


Vous possédez un bateau à voiles ou à moteur, l’entretien de la carène est primordial, au minimum tous les deux ans.

Qu’est-ce que la carène ?

La carène, aussi appelée œuvres vives, est la partie se situant sous la ligne de flottaison de votre bateau.

En fonction de l’entretien que vous lui apporterez, celle-ci se dégradera plus ou moins rapidement. Afin de la préserver le plus longtemps possible, un traitement particulier est nécessaire pour assurer la longévité et la sécurité de votre bateau.

Pour cela, vous allez découvrir les avantages de l’entretien, un point sur les différentes solutions de protection, ainsi que les différentes méthodes pour le faire.


Nous allons examiner ensemble différents points :

- les avantages de l’entretien de la carène ;

- les différentes solutions de protection ;

- les diverses méthodes d’entretien.


Pourquoi l’entretien de votre carène est-il important ?

L’entretien de la carène comporte de nombreux avantages


• Réduire votre consommation de carburant ;

• Un gain de vitesse ;

• Permettre une meilleure glisse ;

• Prolonger la longévité de votre bateau ;

• S’apercevoir de l’état de votre coque et des appendices (safrans, quilles, dérives, foils) ;

• Un plus pour l’esthétique globale de votre bateau.


En effet, une carène propre et entretenue contribue à une réduction de la consommation de carburant.


Par exemple, en été, avec une coque encrassée, votre consommation de carburant peut augmenter de 7 % sur un mois.


Avoir une surface lisse et sans algues réduit les frottements avec l’eau ; cela permet d’augmenter la vitesse de l’embarcation.

Sur un bateau moteur, vous aurez la possibilité de déjauger plus rapidement, alors que sur un voilier on aura des facilités à surfer au portant.


De plus, lorsque vous effectuerez cette opération d’entretien, le bateau sera hors de l’eau, cela vous permettra de faire un contrôle des safrans :

Si vos safrans sont en dehors de l’eau, alors vous pourrez regarder les ferrures ainsi que les fixations des safrans au bateau.


Si vos safrans traversent la coque, alors vous devez contrôler le visuel des bagues, ainsi que le montage des paliers de direction.


Lors de l’étape du carénage, différents points sont à vérifier :

- l’étanchéité des passe-coques ;

- les sondes électroniques (speedo, loch…) ;

- l’arbre d’hélice, et les composants pour les moteurs in-bord.


Si votre bateau est mis à nu complètement, avec le gelcoat apparent, cela vous permettra de voir les points faibles de votre coque, comme de l’osmose ou des accrocs…


À noter, le fait d’entretenir la carène de son bateau est un plus pour le visuel global de celui-ci.

Les différentes solutions pour entretenir sa carène ?


De nombreux produits « anti-salissures » ou « antifouling » existent sur le marché et peuvent être appliqués sur votre carène.

Choisissons ensemble celui qui s’adaptera le mieux aux besoins de votre bateau :


Lantifouling à matrice dure :

Il est réputé pour sa résistance à l’abrasion, aux sables pour l’échouage, ou également au transport sur remorque.

Il est conseillé pour les traversées, les grandes expéditions, et les endroits à fortes marées.


Votre carène restera durable et solide toute la saison, cependant elle se salira au fil du temps.

Si vous souhaitez éviter ce problème, nous vous conseillons d’effectuer un carénage au mouillage ; ainsi, vous pourrez effectuer un contrôle visuel global de votre carène.


Ce produit présente un point négatif : avant de mettre une couche d’antifouling, le ponçage de la carène est obligatoire afin d’éviter les surcouches après plusieurs saisons.


Lantifouling auto-érodable :


Il s’érode grâce aux frottements de l’eau ; par le biais de la vitesse du bateau, cela permet un largage contrôlé des substances actives au cours de la saison. Ainsi, vous gardez une carène propre en continu.


Le point négatif de cet antifouling est qu’il ne convient pas aux grandes traversées, ou aux bateaux restant longtemps immobilisés.

En contrepartie, vous n’aurez pas besoin de poncer la carène avant d’y mettre une nouvelle couche.


Ces deux types d’antifouling sont destinés à différentes utilisations.


L’antifouling à matrice dure est destiné principalement aux bateaux de régates qui sont donc à la recherche de vitesse, mais également aux bateaux rapides. Tandis que l’antifouling auto-érodable est plus destiné aux bateaux allant en dessous des 25 nds, mais également à ceux qui recherchent une sensation de glisse.


Il existe également un antifouling adhésif. Celui-ci a pour principal avantage de ne pas répandre de substances toxiques dans l’eau contrairement aux antifouling vus précédemment.


Ce produit a effectivement de nombreux avantages, car en fonction des constructeurs, il est garanti 5 ans, donc vous réduisez vos coûts pendant 5 ans. De plus, cela vous permet une réduction de carburant de 5 à 6 % et une augmentation de la vitesse jusqu’à 5 % (en fonction de votre carène).

Il est autonettoyant ; cela veut dire qu’à une vitesse supérieure de 8 nds, le dépôt d’algues, appelé fouling, se détache de la coque.

Cela vous permet également de réduire les risques d’osmose sur votre coque, car la teneur en humidité de la coque est réduite.


Ce film adhésif est composé d’une couche de silicone. L’installation doit être faite par un professionnel agréé par le constructeur, ce qui vous permet d’accéder à la garantie.


Cette méthode encore récente sur le marché est plus coûteuse à l’achat qu’un antifouling auto-érodable ou à matrice dure. Par exemple, pour un bateau de 7 m, vous en aurez pour 2 400 € en moyenne.



Comment procéder ?


Préparer la surface :

Une fois votre bateau sorti de l’eau, passez un coup de karcher à une distance raisonnable (30-40 cm de la coque) ; cela permettra d’enlever les algues et les coquillages. N’hésitez pas à vous aider d’une spatule pour enlever les coquillages restants.


Faites un tour général de la coque afin de déceler les défauts et problèmes.


Ensuite, plusieurs solutions s’offrent à vous :

- Remettre la coque à nu en grattant et ponçant jusqu’au gelcoat ;

- Gratter simplement ;

- Mettre le nouvel antifouling par-dessus l’ancien : attention, cela créera des surcouches donc un poids supplémentaire pour votre bateau.


Vous optez pour remettre la coque à nu :

Pensez à vous équiper avec des protections individuelles : une combinaison de peinture, un masque à cartouches, des gants, et des lunettes de protection.


Munissez-vous ensuite d’un grattoir et d’une ponceuse avec du papier de 40, 80 et 120.

Commencez par gratter la coque, le plus possible, pour ensuite continuer avec la ponceuse en commençant avec du papier de 40, puis de 80 et pour finir avec celui de 120. Cela permettra de garder une accroche nécessaire pour appliquer au rouleau 4 couches de primaire époxy de préférence avant de passer à l’antifouling.


Vous choisissez de gratter votre coque :

L’huile de coude vous sera nécessaire afin d’obtenir un résultat optimal, net et lisse avant l’application du primaire. Pour cela, à l’aide d’un grattoir et de lames de rechange, faites des mouvements horizontaux puis verticaux en exerçant une légère pression pour ne pas abîmer le gelcoat.

Comment calculer la quantité ?


Pour cela, vous devez connaître la superficie de votre coque, afin d’acheter la bonne quantité de peinture. Utilisez la formule suivante :


Quantité = (Surface à couvrir x nombre de couches) / (Pouvoir couvrant x 0,8)


Le pouvoir couvrant est indiqué sur les pots d’antifouling.

En moyenne, une matrice dure a un pouvoir couvrant aux alentours de 9m2/L, alors qu’un auto-érodable se situe aux alentours de 8m2/L.


En fonction du type de votre carène, les formules changent.



Bateau à moteur, fond plat, ou faible tirant d’eau :


Surface (m2) = F x (B+T)


Voilier de croisière à tirant d’eau moyen :


Surface (m2) = 0,75 x F x (B+T)


Voilier moderne ou voilier de régate :


Surface (m2) = 0,5 x F x (B+T)


L : Longueur hors-tout (en m)

F : Longueur de flottaison (en m)

B : Largeur du maître-bau (en m)

T : Tirant d’eau (en m)

F : Franc-bord moyen (en m)




Après avoir déterminé la surface de votre carène, vous pouvez acheter la quantité nécessaire à l’entretien.

À noter, il est préférable d’ajouter une petite quantité supplémentaire afin de ne pas manquer.



Choisir la technique :


Deux techniques sont possibles pour appliquer son antifouling : au rouleau ou au pistolet.


La première technique est généralement utilisée par la plupart des personnes possédant un voilier de croisière, elle est pratique et assez rapide.

La seconde technique, l’application au pistolet, est plus utilisée pour les voiliers de course. Elle permet un résultat très lisse et réduit la quantité d’antifouling appliquée.


Pour une application au rouleau, vous avez besoin :


- De ruban de masquage, afin de délimiter votre ligne de flottaison ;

- D’un bac à peinture ;

- D’un mélangeur ;

- D’un manche de rouleaux (assez long) ;

- De pattes de lapins à poils longs ;

- De rouleaux laqueurs (afin d’obtenir un résultat impeccable).


Pour une application au pistolet, vous avez besoin :


- De ruban de masquage, afin de délimiter votre ligne de flottaison ;

- De bâches de protection pour protéger les œuvres mortes ;

- D’un bac à peinture ;

- D’un mélangeur ;

- D’un pistolet (de préférence avec le réservoir sur le haut) ;

- De diluant adapté au type d’antifouling choisi.


Mode d’application :

Pour une application au rouleau :


1. Vérifiez que le ruban de masquage ne soit pas abîmé, afin d’éviter des accrocs.

2. Préparez votre antifouling dans un bac à peinture, et mélangez-le pour obtenir un résultat homogène et lisse.

3. Commencez de préférence par l’avant du bateau, cela permettra à l’eau de mieux s’écouler.

4. Appliquez l’antifouling en essorant la patte de lapin, et en faisant des mouvements verticaux puis horizontaux.

5. Une fois toute la coque faite, continuez avec la quille et le ou les safrans.

6. Attendez que cela sèche.

7. Répétez l’opération une deuxième fois : soit avec une patte de lapin si vous souhaitez faire 3 couches, soit avec le rouleau laqueur si vous souhaitez faire 2 couches.

8. Pensez à garder une quantité d’antifouling convenable afin de faire les patins du ber ou de la remorque du bateau.

9. Une fois la dernière couche appliquée, pensez à enlever immédiatement le ruban de masquage : si vous attendez que l’antifouling soit sec, cela créera des copeaux !

Pour une application au pistolet :


1. Vérifiez que le ruban de masquage ne soit pas abîmé, afin d’éviter des accrocs.

2. Installez la bâche de façon à protéger les œuvres mortes, l’hélice et l’arbre d’hélice moteur, ainsi que les patins du ber ou de la remorque.

3. Préparez votre antifouling dans un bac à peinture en y ajoutant le diluant selon la quantité inscrite sur le pot, et mélangez-le pour obtenir un résultat homogène et lisse.

4. Réglez la pression du pistolet entre 2,5 et 3,5 bars ; choisissez également la buse entre 1,5 et 2,5, cela vous évitera les risques de coulures.

5. Appliquez l’antifouling en gardant un mouvement fluide, un seul passage suffit par couche.

6. Une fois toute la coque faite, continuez avec la quille et le ou les safrans.

7. Attendez que ça sèche.

8. Répétez l’opération une deuxième fois avec de préférence une buse de 1,5. Vous obtiendrez un résultat brillant et lisse.

9. Pensez à garder une quantité d’antifouling convenable afin de faire les patins du ber ou de la remorque du bateau.

10. Enlevez le ruban de masquage, ainsi que les bâches de protection.



Exemple sur un ÉTAP 21i :



L’antifouling utilisé est une matrice dure.

La carène a été remise à nu afin de voir le gelcoat. Par-dessus, il y a eu 4 couches de primaire époxy, puis 2 couches d’antifouling en matrice dure et au rouleau.



Bon vent ....